Dans cette édition
On est à la moitié de 2026. Pour moi, c'est aussi deux mois tout juste de ma nouvelle activité. Le bon moment pour m'arrêter cinq minutes et regarder ce qui a vraiment bougé, plutôt que de courir derrière la prochaine annonce.
Et s'il fallait résumer ces six mois en une phrase, ce serait celle-là : on a arrêté de parler des modèles, on a commencé à parler des agents, et on commence à voir le paradigme du changement managérial que ça implique.
En début d'année, la question que tout le monde se posait, c'était "quel est le meilleur modèle ?". GPT contre Claude contre Gemini, le match du mois, le classement qui change toutes les trois semaines. C'était amusant, et au fond, ça ne servait pas à grand-chose pour une PME.
Le vrai basculement de 2026 est ailleurs. Ce n'est plus le modèle qui compte, c'est ce qu'on met autour. La différence entre poser une question et confier une tâche.
Un chatbot vous rend un texte. Un agent vous rend un résultat.
Un chatbot, vous lui demandez quelque chose, il répond, et c'est à vous de faire le travail. Un agent, vous lui confiez un objectif, et il agit : il lit vos fichiers, lance des commandes, cherche sur le web, vous écrit sur Telegram quand c'est fait. Ce glissement a l'air technique. Il change tout dans la façon de travailler.
Je le vois bien parce que je le vis de l'intérieur. Depuis des mois, je fais tourner mes propres agents sur mon serveur, pas en démo, pour de vrai, sur mes tâches quotidiennes.
Au début, c'était du bricolage. Je tournais sur OpenClaw, un des premiers outils du genre. Ça marchait, mais il fallait de la patience et accepter que ça "hallucine" pas mal, sauf si on utilisait un modèle "frontier" qui coutait très vite très cher en tokens.
Depuis quelques semaines, je suis passé à Hermes, un framework open source de Nous Research. Le saut est net. Même genre d'outil, mais devenu adulte : une mémoire qui persiste d'une session à l'autre, la capacité d'apprendre (quand il résout un problème, il garde la méthode pour la fois suivante), il tourne là où je travaille déjà, dans mon terminal comme sur Telegram, et il ne m'enferme pas chez un seul fournisseur de modèle.
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Hermes sur GitHub, alors qu'il n'existait pas avant l'été 2025
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OpenClaw, né seulement fin novembre
Pour mesurer la vitesse à laquelle ce monde avance, un repère. Sur GitHub, la plateforme où s'échange le code et où le nombre d'"étoiles" sert de baromètre de popularité, deux projets inconnus il y a un an sont aujourd'hui parmi les plus suivis de toute la plateforme. La bataille des modèles fait les gros titres, mais la vraie course se joue sur les agents, et sur ce qu'on appelle les "harnais d'agents", toute la mécanique qui transforme un modèle en exécutant.
Un agent autonome avec accès à toute votre machine, c'est puissant, et ça peut inquiéter. À juste titre. Lui confier un objectif et le laisser faire, parfait pour mes tâches à moi. Pour un process d'entreprise, lâcher complètement la bride, c'est parfois plus compliqué.
C'est là qu'un outil comme Paperclip m'intéresse. L'idée est différente : au lieu d'un agent unique en roue libre, vous faites tourner une petite équipe d'agents avec des rôles, chacun sa mission, le tout encadré, lié à un organigramme et une mission de société. Concrètement, chez moi, un agent ne part pas seul dans la nature. Il ouvre un ticket, il propose, et rien d'important ne s'exécute sans que je valide d'abord, un essai à blanc que j'approuve avant que ça touche au réel. L'agent travaille, je garde le controle.
Sauf que dans les faits, utiliser Paperclip veut aussi dire valider énormément de tickets que le système vous envoie... et je suis plutot quelqu'un qui aime déléguer les décisions. Tout dépend du type de manager, au fond...
Je ne vous raconte pas ça pour le folklore technique. Je le raconte parce que la leçon est simple : en six mois, les agents sont passés du gadget de bidouilleur à quelque chose de réellement utilisable, et même maîtrisable. Le role du manager ? Comprendre comment ça marche... et surtout, définir l'autonomie des agents, leurs règles, leurs gardes-fous. Comme une équipe avec ses procédures, sa culture d'entreprise, et ses objectifs.
La bonne question a changé
Ce n'est plus "quelle IA est la meilleure", c'est "quelle tâche, chez moi, je pourrais confier plutôt que faire, et comment garder le contrôle dessus". C'est exactement le sujet sur lequel je passe mes journées maintenant, et c'est de ça qu'on parle en formation, tout en apprenant aussi à réaliser un agent pour comprendre comment ça fonctionne vraiment.
Passer du chatbot à l'agent, concrètement.
Construisez votre premier agent IA en deux demi-journées.
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Hermes Agent
Nous Research, GitHub
Pour voir à quoi ressemble un framework d'agent open source, et mesurer l'engouement de cette catégorie.
DépôtOpenClaw
GitHub
L'autre poids lourd du moment. Même famille d'outils, autre approche.
OutilPaperclip
paperclip.ing
Pour l'approche "équipe d'agents encadrée", avec rôles et garde-fous.
Confiez une vraie tâche à un agent
Pas seulement une question
Même une heure suffit pour sentir la différence entre un chatbot qui répond et un agent qui exécute. C'est le genre de déclic qu'on provoque en formation.
Puisque c'est l'heure des bilans, un mot plus personnel. Le déclic ne date pas d'hier. La graine a été plantée en 2023, pendant ma formation IA au MIT, quand j'ai pris la mesure de la vague qui arrivait. Fin 2025, en la voyant grossir pour de bon, je me suis dit que c'était le moment. Ma conviction est simple : ce changement va être fondamental pour les entreprises, et plus tôt on s'y met, mieux on s'en sort.
Aider les PME à l'embrasser, c'est devenu ma mission. Avec, au passage, l'envie de mieux équilibrer mon temps et ma famille.
Deux mois plus tard, je ne regrette rien. Ce qui me marque le plus, ce n'est pas un chiffre, c'est une étincelle : celle dans les yeux d'un participant quand il comprend ce qu'un agent peut vraiment faire pour lui. On a quitté les paillettes des débuts de l'IA générative pour entrer dans de la vraie valeur business, des choses qui changent concrètement une journée de travail. J'accompagne aujourd'hui une dizaine d'entreprises, et les premiers agents tournent déjà et font la différence. J'ai aussi commencé à outiller mes clients pour préparer le changement en interne, et à animer des formations, ce qui me passionne depuis toujours : j'adore apprendre, et transmettre encore plus.
Au fond, je me vois comme ce qu'on appelle aujourd'hui un forward deployment engineer : quelqu'un qui mêle la vision stratégique, la connaissance du métier et une capacité à construire vite, démultipliée par l'IA. Et en chemin, une croyance s'est effondrée. Je pensais qu'il faudrait convaincre, lutter contre la résistance au changement. En réalité, presque tous les dirigeants que je rencontre veulent avancer. Il y a parfois des contraintes de budget, mais on finit toujours par trouver une voie pour avancer vers ce nouveau paradigme.
Pour tenir tout ça de front, je m'applique à moi-même ce que je prêche. Mes propres agents s'occupent de ma veille, surveillent mon agenda, trient mes mails. Je ne tiendrais pas le rythme autrement, d'autant que je ne me suis pas arrêté à la formation et la consultance : j'ai lancé edukia, un projet né pour aider ma fille et d'autres enfants à mieux préparer le CEB et le CE1D, qui a déjà trouvé son public, avec des cahiers de vacances qui arrivent... Et un autre projet, dont je vous reparlerai bientôt, de retour dans l'immobilier.
Côté défis, le plus exigeant est de rester à jour. Une formation sur l'IA est presque périmée un mois après l'avoir écrite, rien à voir avec une bonne vieille formation de management qu'on prépare une fois et qu'on resservait des années. Alors je remets tout à plat à chaque session, je teste sans relâche les nouveaux outils, et je garde le fil entre des capacités techniques qui explosent et les besoins concrets des entreprises.
Mais ce qui m'occupe le plus l'esprit pour la suite est différent. Je termine fin juin ma certification de maître coach en PNL, et je veux développer ce volet. Parce qu'au fond, encadrer des agents pose une question très humaine au dirigeant : qu'est-ce que je délègue, quels objectifs je fixe, et quel est mon rôle quand la machine est souvent plus rapide et plus factuelle que moi ? Aider les managers et équipes à appréhender ce changement, à le comprendre et à réaliser leurs objectifs, c'est plutot porteur comme mission, vous ne trouvez pas ?
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Bonne semaine,
Laurent Dupont
IAStratégie360
dupont.laurent@iastrategie360.com
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