Dans cette édition
Je vais être honnête avec vous, quitte à passer pour quelqu'un qui a la grosse tête. Depuis que j'ai lancé mon activité en mai, j'ai un sentiment que je n'avais jamais eu : plus aucun projet ne me paraît hors de portée. Je me lance, et ça se fait, souvent dans des délais qui me surprennent moi-même. C'est grisant.
Et c'est aussi un peu déstabilisant, parce que quand tout devient possible, la vraie question n'est plus « est-ce que je peux ? », c'est « est-ce que je sais ce que je veux ? ». J'écris ces lignes avant de partir à Cologne, dans un stade avec plusieurs milliers de personnes, pour travailler sur moi. C'est encore plus important aujourd'hui.
Alors d'où ça vient, ce sentiment ? Pas d'un don, et pas d'une baguette magique. En y réfléchissant, ça vient de mon parcours. Vingt ans à baigner dans le digital, à discuter avec des équipes IT, à cadrer des projets, à déléguer et encadrer des gens. Ce que je fais aujourd'hui avec l'IA, c'est le même métier : diriger. Sauf que je ne dirige plus seulement des humains, je dirige des équipes d'agents. Savoir ce qui est possible, découper un problème, confier, vérifier, recadrer : ce sont exactement les réflexes d'un manager. Ils n'ont pas disparu avec l'IA, ils sont devenus mon principal avantage, que j'aiguise et valorise chaque jour.
L'image que j'utilise en formation marche à tous les coups : considérez l'IA comme un nouvel employé, très intelligent, mais qui débarque et ne connaît rien de vous ni de votre maison. Que fait-on avec une nouvelle recrue ? On l'intègre dans les règles de l'art. D'abord le cadre : la vision, les règles du jeu, la culture. Ensuite une première mission précise, avec les outils qu'elle doit utiliser et la marche à suivre. Puis un exemple de travail bien fait : « tiens, regarde, d'habitude je m'y prends comme ça ». Et enfin le règlement intérieur, ce qu'elle ne doit jamais faire, les garde-fous. Diriger une IA, c'est exactement ça, ni plus ni moins. Ce n'est pas une compétence technique, c'est une compétence de management. C'est ça, mon métier de dirigeant aujourd'hui : encadrer des humains et des agents avec les mêmes réflexes.
Trois exemples concrets, depuis mai. Le module de dictée d'edukia, sorti sur un week-end (à tester gratuitement ici : edukia.space/dictee). Une chaîne complète de validation de contenu marketing, du briefing jusqu'aux livrables en plusieurs formats, relus par des personae et par des agents pairs qui se corrigent entre eux. Et une prospection B2B mondiale qui a dégagé plus de 300 leads ultra qualifiés sur une cible très précise. Il y a un an, chacun de ces chantiers m'aurait pris des semaines, ou aurait été tout simplement hors de portée pour un solo.
Et ce n'est pas que moi, j'ai des centaines d'exemples. Jack Dorsey (le fondateur de Twitter) a bâti Bitchat, une messagerie qui fonctionne en Bluetooth sans internet ni serveur, sur un seul week-end. On en est là. Le mur de l'exécution, ce qui séparait l'idée de sa réalisation, est en train de tomber.
Et si le mur tombe pour tout le monde, pourquoi tout le monde ne décolle pas ? Parce que ça coince souvent moins dans l'outil que dans la tête. Reviennent toujours les mêmes croyances. « L'IA invente, on ne peut pas s'y fier » : vrai si on lui lâche la bride, beaucoup moins si on la cadre et qu'on vérifie son travail, comme on relirait un collaborateur. « Il faut savoir coder » : non, il faut savoir dire clairement ce qu'on veut. Les trois exemples plus haut, je ne les ai pas codés, je les ai dirigés. « Ce n'est pas pour mon métier » : la vraie question n'est pas « est-ce pour moi ? », c'est « par quelle tâche est-ce que je commence ? ». La barrière est rarement technique, elle est mentale.
Ce qui m'intéresse, ce n'est pas la performance, c'est que pendant longtemps, le goulot d'étranglement d'un projet, c'était la capacité à le faire : les compétences, le temps, le budget. Ce goulot se déplace. La question n'est plus « est-ce que j'en suis capable ? » mais « est-ce que je sais où je vais, et est-ce que j'ose ? ». On passe d'un problème de moyens à un problème d'intention.
Ce qui a l'air d'une libération est aussi un piège. Parce que l'IA amplifie. Elle amplifie la clarté, mais elle amplifie tout aussi bien la confusion. Un dirigeant qui sait précisément ce qu'il veut va décoller. Un dirigeant qui ne le sait pas va juste produire du flou plus vite, et plus joliment. « Tout est possible » est une phrase enivrante, et le vrai danger qu'elle cache, c'est la dispersion : faire beaucoup de choses, vite, sans savoir si ce sont les bonnes. Confondre la vitesse et la direction.
L'outil le plus puissant du monde ne vaut rien entre les mains de quelqu'un qui ne sait pas où il va.
C'est pour ça que le travail sur soi n'est pas, à mes yeux, un supplément d'âme de coach. C'est devenu le vrai levier. Si le seul frein qui reste est dans la tête (savoir ce qu'on veut, clarifier son cap, oser), alors se travailler soi-même, c'est directement travailler son entreprise. Rêver plus grand, oui. Mais surtout se concentrer, pour se démultiplier au bon endroit. C'est là que tout se joue.
Diriger l'IA, c'est un métier de manager, pas de technicien.
C'est exactement ce qu'on apprend, et ce qu'on pratique, en formation.
Deux formations de rentrée : "Agents IA pour dirigeants" (NEXT5) et "L'IA, votre nouveau collaborateur" (NEXTYou)
Bitchat, la messagerie de Jack Dorsey bâtie en un week-end
TechCrunch
Une messagerie décentralisée qui fonctionne en Bluetooth, sans internet ni serveur, codée sur deux jours. Pas pour l'app en elle-même, mais pour ce qu'elle illustre : à quelle vitesse une idée peut devenir un produit aujourd'hui.
À testerLe module de dictée d'edukia
edukia.space
Un exemple concret et à jour de ce dont je parle : une fonctionnalité pensée et sortie sur un week-end, avec un encadrement pédagogique sérieux derrière. Le laboratoire où je teste mes propres idées sur l'IA agentique.
Vous l'aurez compris, ma conviction du moment : la partie technique n'est plus le frein, le frein est humain. Savoir ce qu'on veut, clarifier son intention, oser. Accompagner des dirigeants et des équipes sur ce terrain-là, entre la stratégie et le travail sur soi, c'est exactement ce que je fais, y compris avec mes outils de coaching PNL. Ce n'est pas de l'accessoire, c'est le cœur du sujet.
Et si vous voulez avancer concrètement à la rentrée, mes deux formations sont ouvertes.
"Agents IA pour dirigeants" (avec NEXT5)
Orientée création pratique. On construit concrètement des agents, pour comprendre de l'intérieur comment ça fonctionne et ce que ça débloque. Vous repartez avec un agent construit sur votre cas réel.
"L'IA, votre nouveau collaborateur : repenser le management" (avec NEXTYou)
Pour encadrer et guider ses équipes dans ce changement, côté posture et organisation. Parce que la plupart des projets IA échouent sur l'adoption, pas sur la technologie.
Une veille IA gratuite pour votre business, ça vous tente ?
Toutes les deux semaines, une analyse personnalisée de l'actualité IA pour votre secteur. Gratuit.
Bonne semaine, et si vous avez un projet qui traîne dans un tiroir « un jour, peut-être », ressortez-le. C'est le bon moment.
Laurent Dupont
IAStratégie360
dupont.laurent@iastrategie360.com
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